Les habitudes, l’inconscient et le consentement : figures de la passivité

March 24, 2021

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Atelier des doctorants CRAL-EHESS/Fonds Ricœur 2020-2021
« Corps, narration et affectivité : enjeux d’une philosophie de la volonté »

https://enseignements.ehess.fr/2020-2021/ue/303 

Sous le patronage de la Commission nationale française pour l’UNESCO

Cinquième séance – Mercredi 24 février 2021, 10h30-12h30

Les habitudes, l’inconscient et le consentement : figures de la passivité

La prochaine séance de l’Atelier des doctorants du Fonds Ricœur aura lieu en ligne et sera animée par Jean-François Houle, Monica Gorza et Alessandro Colleoni. Les personnes désirant obtenir le lien pour participer à cet atelier sont invitées à envoyer un courriel à l’adresse suivante : atelierhermeneutique@gmail.com 

Vous pouvez également vous inscrire à l'atelier via la page "Listsem" suivante : https://listsem.ehess.fr/courses/303/requests/new 

10h30-10h45 – Introduction : Figures de l’involontaire et de la passivité dans l’œuvre de Paul Ricœur (Jean-François Houle)

10h45-11h15 – Malika Temmar (Maître de conférences en sciences du langage et analyse du discours, Université d’Amiens et Université Paris-Est Créteil - Céditec)

Titre : « L’écriture du visible chez Merleau-Ponty : éléments d’analyse du discours phénoménologique merleau-pontyen »

11h15-11h25 - Période de questions

11h25-11h40 – Pause

11h40-12h10 – Rafael Barros de Oliveira (Université Paris-Nanterre)

Titre : « La chair comme figure de la passivité. Ricoeur et Derrida contre Husserl »

 

Résumé : Le thème de la chair, du corps animé est central en phénoménologie. Depuis les Recherches logiques, Husserl distingue entre le corps (Körper) et la chair (Leib), le premier considéré d’un point de vue objectif, scientifique, matérialiste et la deuxième à partir de son idéalité, liée à l’intériorité de l’âme, de l’esprit. Husserl privilégie celle-ci en soumettant celui-là à une procédure de réduction, à travers laquelle la matérialité spatiale du corps est suspendue pour que l’on puisse parvenir à son essence pré-objective et formelle. Ce mépris de la corporéité en tant que matérialité et concrétude est renversé par Ricoeur et Derrida : celui-ci, depuis La voix et le phénomène, montre à plusieurs reprises comment la concrétude, voire l’enracinement spatio-temporelle joue un rôle capital et structurant dans la pensée husserlienne ; celui-là, depuis Le volontaire et l’involontaire et au moins jusqu’à Soi-même comme un autre, insiste sur l’incarnation comme voie pour dissoudre l’opposition corps-esprit et pour établir une ontologie qui, malgré sa modestie – l’autoconscience de son caractère fragmentaire et la renonciation à la prétention d’un accès direct aux choses mêmes –, réussit cependant à prendre en compte de la phénoménalité de l’existence humaine dans toute sa complexité. Dans cette intervention, je présenterai une lecture comparée des ontologies ricoeurienne et derridienne à partir de leur appropriation critique du sujet de la chair en venant de la phénoménologie husserlienne.

12h10-12h40 – Chiara Pignatti (Université de Padoue)

Titre : « Le poids et la marque. Le sujet entre Michel Henry et Jacques Lacan »

Résumé : Les relations historiques entre Michel Henry et Jacques Lacan n’ont fait presque jamais l’objet d’un grand intérêt philosophique, en raison de l’indifférence générale nourrie par la désapprobation que chacun des deux penseurs ressentait à l’égard du dispositif théorétique de l’autre. Notre intervention vise à sonder une possible affinité spéculative entre le concept henryen de passivité et l’idée lacanienne d’inconscient, en se concentrant en particulier sur les dernières définitions par lesquelles le psychanalyste français a relu l’Unbewusst de Freud. Nous procéderons donc à une élucidation de la doctrine henryenne du sentiment, en accordant une attention particulière à la notion de poids dans laquelle Henry rassemble les concepts de force et d’affect qui animent sa théorie de l’action; en sortira la position de Michel Henry sur le rapport entre liberté, puissance du vivant, et la non-liberté radicale de la Vie absolue, jamais entièrement appropriée par le sujet, car elle constitue l’essence immanente qui donne le vivant à lui-même. Pour introduire le concept lacanien d’inconscient, on l’abordera à travers la notion de marque, en l’envisageant d’abord dans la période structuraliste de Lacan, pour montrer comme elle se forme en tant que trace de l’Autre sur le sujet qui, en privant ce dernier d’une intégralité avec lui-même à cause de l’action mortifiante du langage, le produit comme une perte toujours en différée. Ensuite, nous montrerons comment cette conception subit une torsion en référence aux thèses du Lacan des années 70: la marque n’est plus comprise seulement en tant que trace de l’Autre antérieure à l’émergence du sujet, mais plutôt en tant que marquage de lalangue à l’égard du langage lui-même qu’en se répétant institue. Ainsi se dégagent deux étapes fondamentales dans le lien entre sujet et passivité: si au départ le sujet n’est passif que par rapport aux signifiants avec lesquels l’Autre le marque, il se trouve maintenant contraint dans une passivité plus originale, c’est-à-dire celle qui l’enchaîne à lui-même e qui, loin d’anéantir sa jouissance, l’apporte.

12h50-13h30 – Période de questions / Discussion

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